Être francophone au XXIe siècle
Le terme de "francophonie" a trois acceptions. La première désigne simplement l'ensemble des personnes, à travers le monde, qui ont en commun l'usage du français. La seconde désigne la communauté politique des pays qui participent aux Conférences des chefs d'Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage (Sommets de la Francophonie). La troisième, et la plus importante, désigne la communauté de ceux qui ont en commun un attachement profond pour la langue française et les cultures francophones et qui défendent ensemble des valeurs humanistes de solidarité et de pluralité.
La francophonie
: Apparue en 1880 sous la plume du géographe Onésime Reclus pour
décrire la communauté linguistique et culturelle que la France
constituait avec ses colonies, la francophonie s'est aujourd'hui affranchie
de cette connotation coloniale pour désigner deux réalités
différentes mais complémentaires. Dans son acception la plus large,
elle englobe l'ensemble des actions de promotion du français et des valeurs
qu'il véhicule sans considération des pays dans lesquels elles
s'inscrivent. Au sens
institutionnel - on l'écrit alors avec un f majuscule - elle qualifie
l'organisation internationale qui regroupe les 55 États et gouvernements
qui ont choisi d'adhérer à sa Charte.
Les francophones dans le monde : On dénombre, en 1998, selon le Haut Conseil de la Francophonie (1), environ 112 millions de francophones réels et 60 millions de francophones occasionnels soit une augmentation de 7,7 % et 11,8 % par rapport aux données recueillies en 1990 par cette institution (2). Il y aurait dans le monde actuellement :
Le français occupe, selon l’Atlas de la francophonie, le 9e rang dans le classement des langues les plus parlées dans le monde. Cette hiérarchie fait entrer en jeu des langues comme le chinois (20,4 % de la population mondiale), l’hindoustani (7,8 %), le russe (5,4 %), qui ne bénéficient pourtant pas d’une diffusion au-delà des limites de leurs frontières ou de leur continent. Mais si l’on se réfère simplement à la concurrence des langues à diffusion intercontinentale, le français est devancé par l’anglais, numéro un mondial, avec 594 millions de locuteurs, l’espagnol (311 millions), l’arabe (206 millions), et le portugais (161 millions).
Les pays où l’on trouve le plus de francophones sont, en dehors de la France, l’Algérie, le Canada, le Maroc, la Belgique, la Côte d’Ivoire, la Tunisie, le Cameroun, la République démocratique du Congo et la Suisse. Les régions les plus francophones sont le Maghreb et l’Europe de l’Ouest.
Si le français n’est pas privilégié au niveau du nombre, il n’en reste pas moins la seule langue derrière l’anglais à maintenir une présence sur les cinq continents malgré sa grande faiblesse en Extrême-Orient. Cet atout, héritage, entre autres, du passé colonial de la France, est contrebalancé par certains handicaps par rapport à l’espagnol ou au portugais. En effet, ces deux langues sont d’autant moins fragiles qu’elles défendent un bastion plus centralisé géographiquement et qu’elles bénéficient d’un taux de croissance démographique de la population plus élevé. Le français est en " situation intermédiaire ". Sa diffusion dépendra à l’avenir de la volonté politique et des options stratégiques que prendront les dirigeants de la Francophonie.
Sur l'influence du droit français dans le monde, voir :
L'influence internationale du droit français, Rapport au Conseil d'Etat de Olivier DUTHEILLET DE LAMOTHE et Marie-Aimée LATOURNERIE (2001). Etude de l'influence du droit français dans le monde, notamment en regard des droits anglo-saxon et germanique. Définition des élements d'une stratégie d'influence juridique. Mission, sommaire et extraits consultables en html, rapport complet disponible en pdf. [http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/014000702.shtml]. Cette étude comprend une carte des grands systèmes juridiques dans le monde.
Les systèmes de droit civil à travers le monde
(1) Au contraire de l'Organisation internationale de la Francophonie qui est une une institution internationale exécutive rassemblant les Etats membres, le Haut Conseil de la Francophonie est une institution française qui a un rôle d'analyse et de prospective et qui est composée de personnalités françaises et étrangères choisies par le Président de la République française en raison de leur compétence et de leur représentativité.
(2) Etat de la Francophonie dans le monde 1997-1998, Haut Conseil de la Francophonie, La Documentation française, Paris. Voir aussi le Rapport d'information de l'Assemblée nationale Française (n° 2592, 21 septembre 2000) sur "Les moyens et les structures de la diffusion de la francophonie". 112 .666.000 francophones réels pour lesquels le français est langue première, langue seconde ou langue d'adoption - soit une augmentation de 7,7 % par rapport aux données de 1990. 60.612.000 francophones occasionnels pour lesquels l'usage et la maîtrise du français sont limités par les circonstances ou les capacités d'expression - soit une augmentation de 11,8 % par rapport à 1990. Entre 100 et 110 millions de francisants qui ont appris le français durant plusieurs années et en ont gardé une maîtrise variable ou qui, de par leur métier, sont amenés à le pratiquer, même partiellement.