Une terre de migration : de la Perse à l'Iran - Les principales dates

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© par Zia Oloumi

Période pré-islamique

  • Deux millénaires de civilisation Elamite (2500-640 av. J.-C.)
  • L'Empire des Mèdes et des Achéménides (VIIe-IVe s. av. J.-C.)
  • La cassure de l'hellénisation (IVe-IIIe s. av. J.-C.)
  • La réaction nationaledes Parthes arsacides (IIIe s. av. J.-C.-IIe s. apr. J.-C.)
  • Le dernier Empire : les Sassanides (IIIe-VIIe s.)

Période post-islamique

  • La domination arabe (642-748) et la « révolution abbaside » (VIIIe s.)
  • Le califat abbaside et l'émancipation des peuples iraniens dans l'empire arabo-islamique(IXe-Xe s.)
  • La domination turque (XIe-XIIe s.)
  • Le déferlement mongol, timuride et turkmène (XIIIe-XVe s.)
  • L'isolationnisme Séfévide (XVIe-XVIIIe s.) et Qadjar (1794-1921)
  • Le mouvement constitutionnaliste (1906) et la modernisation de l'Iran sous les Pahlavi (1921-1979)
  • La fin de la monarchie et l'instauration d'une République islamique (1979 à nos jours)


Période pré-islamique : l'Iran Antique

Les vestiges archéologiques prouvent que la civilisation en Iran date d'avant 6000 ans avant J.-C. Mais la première mention précise d'une tribu iranienne, les Mèdes, se trouve dans des textes assyriens du IXe siècle avant J.-C. Les Mèdes étaient alors devenus la principale menace pour l'Empire assyrien sur sa frontière Est..Au vu des données archéologiques, une rupture avec les traditions antérieures et l'apparition de nouveaux types de céramique et de rites funéraires. Aucune donnée n'existe cependant sur le devenir de la langue de la population indigène, qu'ont remplacée dans la plupart des régions du pays les langues iraniennes des nouveaux venues.

2500 av. J.C. : la civilisation Élamite. L'une des premières civilisations iraniennes, qui succède aux cultures s'étant établies dans la plaine de la Susiane. L'influence de Sumer sera importante. L'apogée de cette civilisation se situe aux alentours des 13ème et 12ème siècles av. J.C.

2000 av. J.-C. - Le second millénaire est très généralement considéré comme l'époque de la migration : l'irruption en Iran occidental d'une forme de poterie qui était inconnue jusqu'alors, mais qui ressemble à des céramiques antérieures du Nord-Est iranien, suggère l'arrivée d'une population nouvelle. Celle poterie, de couleur gris clair à noir, apparaît vers 1400 avant J.-C. (début de l'âge de fer dans cette région du monde). Les Aryens s'installent sur le territoire de l'actuel Iran, vraisemblablement peu de temps après les Élamites. L'entrée en Iran des peuples de langue iranienne marque une rupture de tradition dans des sites des versants sud des monts Elbourz et d'Iran occidental, où l'on trouve des tombeaux de pierre pleins d'objets funéraires splendides. Sur la base de données linguistiques, on considère que les nouveaux venus faisaient originallement partie des Indo-Iraniens. Les deux groupes linguistiquement apparentés se sont séparés. Au milieu du second millénaire avant J.-C., le groupe iranien était entré sur les plateaux d'Iran en passant par les terres situées au sud-est de la mer Caspienne, plates et faciles à envahir, tandis que les tribus indiennes avaient pénétré dans le sous-continent. Ces deux peuples donnent naissance à trois groupes ethniques distincts : les Mèdes, les Perses et les Parthes.

612 av. J.-C. - Les Mèdes ne constituaient au début qu'une fédération assez lâche de tribus, mais, à la fin du VIIe siècle avant J.-C., ils avaient acquis assez de force pour abattre cet empire en s'alliant aux Babyloniens. Carte de l'empire des Mèdes (728-550 avant J.-C.).

539 av J.-C. : prise de Babylone par les Perses, création de l'Empire perse, "l'Iran ancien", de l'Indus à l'Anatolie (Turquie).

L'Empire de Cyrus et de Darius (558-486 av. J.-C.) - 550 av. J.-C. - Les Perses qui s'étaient installés en Iran du Sud, dans la région du Fars, prennent le pas sur les autres groupes ethniques sous Cyrus II le Grand (fondateur de la dynastie des Achéménides, puissance dominante du Proche-Orient antique de 550 à 331 avant J.-C.). Cyrus, homme d'Etat intelligent et visionnaire loué par Hérodote et Xénophon, opère la fusion des tribus cousines des Mèdes et des Perses et construit les bases d'un empire aux dimensions gigantesques, que plus tard Darius s'attachera à consolider. Cyrus parvient dans un premier temps, après avoir soumis l'Hyrcanie et la Parthie, à réunir sous un même sceptre Mèdes et Perses. Puis l'expansion de l'Empire s'accélère : Cyrus le Grand conquiert la Lydie, les villes grecques du littoral, mais aussi la Drangiane, l'Arachosie, la Margiane, la Bactriane et enfin Babylone. Il fut accueilli à Babylone comme un libérateur et sous son règne, la tolérance fut le maître mot.
Les souverains perses, par une succession de victoires, soumettent de nombreux peuples. Ils développent une politique de conquête originale. Protecteur de tous, le roi perse Cyrus ne demande aux assujettis qu'une simple conduite pacifique et le paiement du tribut annuel. Il demeure respectueux des usages, de la langue et de la religion des peuples conquis. Cyrus le Grand et ses successeurs - Darius Ier le Grand en tête - étendent par la suite l'autorité perse à la Turquie, l'Irak, la Grèce, la Mésopotamie, l'Égypte. L'Empire connaît avec Darius son âge d'or. Roi administrateur, il parachève l'organisation de l'Empire amorcée par Cyrus. Roi conquérant, il fait correspondre l'étendue de son pouvoir aux limites naturelles du territoire perse au Nord la mer Caspienne, le Caucase et la mer Noire (notamment la Scythie qui comprend la Roumanie et l'Ukraine actuelles); au Sud le golfe Persique et le désert d'Arabie ; à l'Ouest l'Egypte et la Méditerranée ; enfin à l'Est l'Indus et le Penjâb (région arrosée par les affluents de l'Indus, aujourd'hui partagée entre l'Inde et le Pakistan). Darius Ier tenta de réorganiser son empire et construisit Persépolis. Son fils, Xerxès, brûla Athènes. À partir de ce moment, l'empire commencera à se désagréger. (pour une chronologie des rois Achéménides) - Carte de l'empire Achéménide (550-330 avant J.-C.).

331 av. J.-C. - Domination étrangère - Alexandre le Grand envahit la Perse. La défaite de l'an 331 av. J.-C. (bataille du Granique) face aux armées d'Alexandre le Grand marque la fin de l'Empire perse achéménide, auquel on doit les monuments de Shush et de Persepolis. Lorsque Alexandre découvre le cadavre du Roi des rois assassiné par les siens, il s'incline devant la dépouille de Darius III et reprend le flambeau d'un rêve oriental vieux de plus de cinq siècles. Il suivra la voie tracée par Cyrus et Darius et renouera avec cette conception d'une royauté respectueuse et tolérante. Il s'inscrit comme le digne héritier des Achéménides. Il s'inspire des modes de gestion et d'administration des Achéménides pour l'appliquer à son immense empire. Retourné à Babylone en 325, après l'achèvement de ses conquêtes, Alexandre s'attelle à l'organisation de son empire, faisant preuve de réalisme, ne négligeant aucun détail pratique, sans pour autant accomplir une œuvre originale : il s'appuie sur ce qui existe déjà dans l'Empire perse, prenant soin de maintenir ou de compléter des structures administratives qui avaient fait leurs preuves. Mais il meurt trop tôt et, même si ses qualités d'organisateur sont incontestables, il n'a eu le temps que de poser des fondements, que ses successeurs modifieront ou abandonneront. L'empire d'Alexandre englobera l'Afghanistan, l'Inde et le Pakistan. Cet énorme territoire est divisé entre trois dynasties à la mort d'Alexandre. La Perse revient à l'une d'elles - les Séleucides - qui ne parviennent pas à freiner la montée en puissance des Parthes.

238 av J.-C. - Balayant le "pouvoir" séleucide, les Parthes contrôlent la Perse. Les Parthes arsacides, qui étaient à l'origine un groupe nomade iranophone du Nord-Est, entrèrent par la zone située au sud-est de la mer Caspienne. Sous leur roi Arsace Ier, ils envahiront le territoire séleucide, où ils établiront la domination parthe. (pour une chronologie des rois Parthes)

141 avant J.-C. Les Parthes, menés par leur grand souverain Mithridate Ier, avaient conquis la Mésopothamie, et, pendant les trois siècles et demi qui suivirent, ils restèrent la force politique majeure du Proche-Orient antique et les principaux adversaires des Romains. Ils mettent en échec les armées romaines en 53 av. J.-C. Sous Mithridate IIe (dit le Grand), l'Empire parthe s'étendait de l'Euphrate à l'Iran oriental et à l'Asie centrale.

Carte de l'empire des Parthes (247 avant J.-C.-224 après J.-C.).

224 après J.-C. - La dynastie des Sassanides, née dans les régions centrales du pays où le pouvoir parthe se fait peu sentir, gagne en puissance jusqu'à ce que son chef, Ardachir Ier, prenne le pouvoir. Ardachir Ier, princie local d'Istakhr, près de Persepolis, devait sa couronne au dernier monarque parthe Artaban IV/V et l'avait plus tard défié victorieusement. Ardéchir fonde alors l'Empire Sassanide du nom de son acêtre légendaire, Sassan. Il s'agit du second grand empire perse après celui des Achéménides. (pour une chronologie des rois Sassanides)

Carte de l'empire Sassanide (224-640)


Période post-islamique

642 après J.-C.-748 - Invasion des Arabo-islamique, tentative d'islamisation et d'arabisation de l'Iran - La dynastie des Omeyyades (Arabes venant de Damas en Syrie) ravit le pouvoir aux Sassanides (Yazdgard III, dernier roi Sassanide), dont les armées et son trésor avaient été épuisés par de nombreuses guerres. A ce moment, la population ne pouvait plus sipporter les impôts écrasants qu'on exigeait d'elle. Le zoroastrisme, religion officielle de l'Etat iranien sous les Sassanides, fut remplacé par l'islam. Outre l'Islam, les Arabes imposeront leur langue et leur écriture. A l'exception des régions caspiennes et centre-asiatiques, le pays sera entièrement contrôlé par les Arabes. En Perse, tous les pouvoirs et les avantages sont conférés à une aristocratie arabe qui exclut systématiquement les non-arabes, et davantage encore les non-musulmans. Cette ségrégation établie à travers l'empire arabo-musulman et qui durera un siècle, contribuera plus tard à la naissance du chiisme (ou l'islam iranien), une branche de l'islam à laquelle les Perses de l'époque se rallieront massivement (à la suite de la mort du 4e Calife Arabe Ali, le cousin du Prophète de l'Islam, Mohamed). Les peuples iraniens vont au contraire renforcer leur nationalisme notamment à travers la littérature. En l'an 747, les Perses se révoltent et renversent la dynastie Omeyyade.

748 après J.-C.-1051 - Renversement de la dynastie des Omeyyades et émancipation de la domination arabe - Au VIIIe siècle, le Khorassan, région perse (l'une des grandes provinces perses au Nord Ouest du pays et qui comportait en son temps le Tadjikistan, l'Afghanistan et le Turkménistan) sous domination de l'Empire Omeyyade, se rallie à la doctrine dissidente du chiisme pour s'émanciper de la domination arabo-musulmane. Il devient ainsi un foyer d'opposition au pouvoir, et déclenche avec l'Irak en 748, une révolte qui va renverser la dynastie Omeyyade. Khorassan était déjà la dernière province à résister aux attaques des Califes Islamiques, et à jouer un rôle primordial dans la sauvegarde de la langue perse et des traditions persanes. La nouvelle culture arabo-persane née de la fusion entre la culture sassanide et la culture arabe se diffusa largement dans le monde islamique. C'est cette période qui va correspondre à l'âge d'or de la civilisation arabo-musulmane, à laquelle les peuples iraniens ont fortement contribuée. Les gouverneurs provinciaux ne tarderont pas à se déclarer indépendants et à fonder leurs propres dynasties. Quand en 819, les Samanides, première dynastie de souche iranienne après la conquête Arabe, commencèrent à reconquérir l'est de l'Iran (Khorasan, Afghanistan, jusqu'en Inde)  et ont fait de Samarkand, de Boukhara et de Harat leur capitales, le persan a repris un peu de vigueur. Les émirs samanides metterontà profit leur force économique et militaire pour faire de leur cour de Boukhara et de leurs capitales régionales (Samarkand, Balkh, Marv, Neichapour) des foyers de vie intellectuelle, rivaux de Bagdad. Outre la culture arabe classique, ils favoriseront l'éclosion de la littérature en langue néo-persane et, bien que sunnites, accorderont leur protection à des penseurs dont les idées ne relevaient pas toujours de l'orthodoxie. Parmi les plus grands lettrés protégés par les Samanides on trouve les poètes Roudaki et Daghighi, l'historien Bal'ami, les docteurs philosophes Razi (Rhazès) et Avicenne. C'est durant cette période que Ferdowsi transcrira par écrit et en persan les histoires orales de la mythologie perse (« Le livre des Rois », ou plutôt, l'Epopée des Rois). De par cette résistance culturelle à l'est de l'Iran, dès 913, l'Iran deviendra la nation qui brisera l'unité du monde musulman. En se posant comme une nation avec sa propre langue, et surtout en installant leur capitale à Shiraz, marquera sa différence à l'égard des autres nations soumise de l'Empire Arabe.

En 945, la dynastie chiite iranienne des Bwayhides (ou Bouyides) s'emparera de Bagdad, mais sera fut renversée par des envahisseurs, les nomades turcs seldjoukides, sunnites, qui étaient déjà nombreux dans les armées du califat abbasside et qui prirent Bagdad en 1055. La dynastie Turque des seldjoukides confirmera ce mouvement de résistence à l'unicité de l'empire Arabe (en fédérant les populations de la mer d'Aral) et la particularité des peuples iraniens (notamment des Tadjiks).

1051-1502 - La chute des dynasties Arabes est l'oeuvre des invasions des Turcs seldjoukides (sunnites), des Mongols (au XIIIe siècle, invasions des Mongols de Gengis Khan) et du Turco-Mongol Tamerlan ou Timour Lang, qui se succèdent sur le territoire de l'actuel Iran.

1502 - Ismaël Safavi prend le contrôle du pays et fonde la dynastie des Séfévides, considérée comme la troisième grande dynastie perse (après les Achéménides et les Sassanides). L'économie et les arts se développent. Au 16ème siècle, après la prise de Tabriz en 1501 par un groupe de tribus turcomanes chiites, les Kizil Bash («Têtes rouges»), leur chef Ismaël Safavi se proclame Shah et décrète le chiisme religion d'Etat. C'est la naissance de l'empire Séfévide, l'unité du pays se fait grâce au chiisme qui offre, à des peuples différents, un idéal spirituel et une religion nationale. Grâce au chiisme, les Séfévides peuvent affirmer leur autonomie face aux Empires sunnites rivaux : les Ottomans à l'Ouest, et les Ouzbeks au Nord. Shah Abbas (1588-1629), fait de Ispahan, la «Moitié du monde», la capitale de l'Empire. Avec la sécurité, la prospérité revint, des caravansérails furent construits le long des nouvelles routes, de splendides mosquées et des palais furent bâtis dans toutes les villes; le prestige et la prospérité du royaume attirèrent les commerçants et les ambassades étrangères. Cette période, l'une des plus brillantes de l'histoire et de la civilisation persanes, s'acheva dramatiquement en 1722 quand les Afghans prirent et pillèrent Ispahan.

1722-1779 - Cette période troublée est marquée par la chute du pouvoir séfévide, sous les coups de peuples Afghans (1722-1729), puis de Nader Shah (qui, chef d'une tribu turque du Khorassan devint Shah en 1736) chassa l'envahisseur Afghan. Nader Shah poursuit une importante campagne de conquête territoriale qui le mène jusqu'à Delhi, au Turkestan et à Boukhara.

1736-1780 : perte de territoires en Arménie, en Azerbaïdjan et au Turkménistan.

1779-1921 - Arrivée au pouvoir de la dynastie turque des Qadjars. Ils étendent leur influence sur l'ensemble de la Perse et font de Téhéran leur capitale. Mais cédent aussi d'importantes parties de l'Empire à des puissances étrangères. La Russie et l'Angleterre s'intéressent à l'Iran, pour son tabac et son pétrole. Les Qadjars perderont deux guerres contre les Tsars russes et se séparent au profit de la Russie, des provinces du Caucase et du nord de l'Araxe (traité de Tourkmantchaï, 1828). De même, en 1856, l'Angleterre imposera, au traité de Paris, la reconnaissance par l'Iran de l'Afghanistan et la perte de la province de Harat.

1840-1850, un mouvement à la fois religieux et social appelé babisme déclenche des révoltes pour réclamer plus de justice sociale pour le pays. Le babisme, une hérésie du chiisme, est alors réprimée dans le sang. Pourtant, elle reste influente tout au long du 19ème siècle, et conduit même à l'assassinat du Shah (roi) Qadjar Naser Ed Din en 1896. Le long règne de Nasir Ed Din Shah (1848-1896) inaugura la modernisation du pays, avec la création en 1848, par le ministre réformateur Amir Kabir, de la première école scientifique (Dar ol-Fonoun), les voyages du souverain en Europe, et la réorganisation de l'administration et du commerce confiée à des monopoles étrangers, dont le plus puissant était celui du baron Reuter. Cette politique suscita de violentes oppositions dans le clergé et dans la nouvelle bourgeoisie influencée par les idées libérales occidentales (révolte des Tabacs, 1891)

1856 : indépendance de l'Afghanistan.

1905 - La Révolution constitutionnaliste : En 1905, des marchands du bazar de Téhéran et de Tabriz manifestent contre les réformes fiscales du gouvernement. Ils sont suivis par les chefs religieux et tous les mécontents du régime à Kerman, Meched et Chiraz. Un parlement est convoqué en 1906, qui vote une constitution (la première dans l'histoire de la Perse). C'est la 1ère révolution institutionnelle du Moyen-Orient qui imposera au Shah (roi) Muzaffar Ed Din (1896-1907) une Constitution et un Parlement. Ce dernier sera cependant suspendu en 1909.

1907 - Un accord anglo-russe divise l'Iran en deux zones d'influence et les deux puissances interviendront directement dans ses affaires intérieures du pays.

1914-1918 - L'Angleterre occupe une partie du territoire durant la Première Guerre mondiale.

1921 - Coup d'Etat et accélération de la modernisation du pays : Au lendemain de la première guerre mondiale, la Grande-Bretagne tente de faire de l'Iran un protectorat et c'est en réaction à ce mouvement impérial, et pour mettre fin à l'anarchie qui règne dans les provinces du Khorassan, du Kurdistan et de l'Arabistan (actuel Khouzestan) qu'un coup d'Etat est organisé le 20 février 1921. Le général Reza Khan prend le pouvoir. Il se proclame Shah (roi) et fonde la dynastie des Pahlavis en 1925. Sous son regne le pays se dote de véritables ministères et une administration avec l'aide de conseillers américains, l'université de Téhéran (1935), une armée nationale et non plus tribale. Pour casser les systèmes sociaux en place, il lutta contre le clergé et les chefs de tribus, interdit le port du voile pour les femmes. Pour permettre l'industrialisation du pays, désormais appelé officiellement Iran, Reza Shah ordonnera la construction de routes et de chemins de fer (Transiranien de la Caspienne au golfe Persique en 1938), développera les relations avec l'extérieur mais abolira les monopoles étrangers (1928).

1925-1979 - Dynastie des Pahlavis

1941 - Reza Shah cède le pouvoir au profit de son fils Mohammad Reza (il sera le dernier Shah d'Iran). Au cour des enjeux liés au pétrole, le pays est occupé au cours de la Seconde Guerre mondiale par les Russes et les Britanniques, dont l'influence est grandissante. Un sentiment nationaliste apparaît en réaction, sentiment dont Mohamad Mossadegh en sera le porte parole le plus emblématique.

1953 - L'Iran est au centre d'une vaste lutte d'influence, dans l'après deuxième guerre mondiale. Pour les occidentaux, l'enjeu est double : tout d'abord, il y a le pétrole, exploité en commun par les Anglais et les Iraniens (la nationalisation des pétroles iraniens par le gouvernement de Mohammad Mossadegh en 1953 est d'ailleurs remise en cause par un coup d'Etat organisé par la CIA et le Royaume-Uni). Et puis ensuite, pendant la guerre froide, l'Iran devient un allié majeur de Washington, avec une forte présence américaine dans le pays. Le Shah Mohammad Reza durcit son régime tandis que l'opposition nationaliste - mais aussi islamiste et communiste - se développe. Les décennies suivantes voient ce phénomène s'accélérer.

1963 - Mohamad Reza Shah lance une politique de développement économique et social (la "Révolution blanche du Shah et du peuple") dont la clé de voûte fut la réforme agraire, accéléra, sous la direction du Premier ministre Amir Abbas Hoveyda, l'expansion économique dans un climat politique fermé.

1979 - Révolution islamique : Après un soulèvement de la rue (en 1978, des émeutes ont lieu à Tabriz, Qom et Téhéran, des troubles ont lieu dans les universités et des grèves dans les secteurs vitaux de l'économie), le Shah Mohammad Reza s'exile (il meurt l'année suivante en Egypte). L'ayatollah Khomeyni prend le titre de "chef suprême" et engage le pays dans la voie de la révolution islamique. Les Etats-Unis deviennent le "Grand Satan" du nouveau régime.

1980-1988 - Guerre Iran-Irak : Profitant de l'instabilité intérieure de son voisin, le président irakien Saddam Hussein annexe une part du territoire iranien riche en pétrole. L'URSS et plusieurs nations occidentales (dont la France et les Etats-Unis), qui voient d'un mauvais oeil le pouvoir des ayatollahs, soutiennent l'Irak dans cette guerre qui sera aussi longue que meurtrière. Un cessez-le-feu survient en 1988.

1989 - Mort de l'ayatollah Khomeyni, Ali Akbar Rafsanjani est élu président ; l'ayatollah Ali Khamenei devient "chef suprême". Une fatwa (sentence de mort) est prononcée contre Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques.

1993 - Rafsanjani est réélu président. Les relations entre l'Iran et les Etats-Unis, mais aussi de nombreuses nations européennes, restent très tendues.

1996 - Embargo unilatéral décreté par les Etats-Unis contre l'Iran. La loi d'Amato interdit aux compagnies étrangères toutes transactions commerciales au-delà de 20 millions de $ avec l'Iran, sous peine de sanction américaine. Cependant la compagnie française Total brade l'embargo et signe un contrat d'hydrocarbures avec l'Iran pour le développement de champs offshores (notamment le champs Siri).

1997 - Hojjat-ol-Eslam Seyed Mohammed Khatami est élu président (pour quatre ans). L'arrivée de ce modéré réformateur a été présenté comme le signe d'un début d'ouverture du régime révolutionnaire. Cette "libéralisation" se précise dans les années suivantes. Ainsi, si depuis la guerre Irak-Iran, les liens avaient été interrompus avec les pays du Golfe Persique, qui avaient soutenu l'Irak dans ce conflit, le pays opère un rapprochement avec les pays arabes. Le 8ème sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique qui s'est tenu à Téhéran, en 1997, a un peu sorti l'Iran de son isolement et a conduit à la réconciliation avec la puissance rivale de la région, l'Arabie Saoudite. Désormais, vis à vis du monde arabe, les relations d'Etat à Etat passent avant les querelles idéologiques et religieuses.

2000 - Le Front de la Participation - mouvement réformateur proche du président Khatami - fait un raz de marée lors du premier tour des élections législatives. L'Iran est dès lors partagé entre réformateurs (Président de la République Khatami) et conservateurs (guide de la Révolution Khamenei).

2001 - Nouvelle victoire des réformateurs aux élections législatives. Le 8 juin, Mohammed Khatami est réélu à la présidence de la République. Son second et dernier mandat a pris fin en juillet 2005.

2004 - Victoire des conservateurs aux élections législatives et verouillage du régime en faveurs des conservateurs. Tensions autour du programme nucléaire iranien. Le parlement vote une loi réaffirmant le droit inaliénable de l'Iran à la maîtrise de l'énergie nucléaire et interdisant au gouvernement d'abandonner le programme nucléaire civil.

2005 - Victoire du candidat conservateur, Mahmoud Ahmadinejad, à la présidentielle de juin 2005, (élu pour 4 ans).

 

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© www.oloumi.com - Tuesday, 16 August, 2005 17:17