La langue persane est parlée par près de la moitié de la population afghane. Bien que les textes officiels aient toujours recommandé le bilinguisme administratif, le persan s’est progressivement imposé comme langue administrative parce qu’il est compris par une large proportion de la population. Périodiquement, les pachtounophones protestent contre cet état de fait ; on tient compte de leurs représentations quelque temps, puis les habitudes reprennent le dessus. C’est seulement, en grande partie, dans l’armée que le pachtoun reste la langue dominante.Persan d’Afghanistan, persan d’Iran
Pour présenter les choses de façon simplifiée, le persan de Kaboul est à celui de Téhéran ce que le français de Québec est à celui de Paris. La réalité est cependant plus complexe. Au-delà de différences tenant essentiellement de la prononciation et à quelques variantes stylistiques et de vocabulaire courant, il existe un conflit de caractère nationaliste entre les Iraniens et les Afghans. En effet, grâce aux revenus pétroliers, les iraniens ont pu s’assurer un niveau de développement, qui les situe bien au-dessus de celui de l’Afghanistan.
Autre différence et non des moindres, les Iraniens sont attachés à l’islam chiite, alors que les Afghans, en écrasante majorité, sont sunnites.Si l’on parle fârsi en Iran (le fârsi peut être considéré comme le « persan standard » ; son nom dérive de la province du Fârs), les Afghans tiennent à parler dari, mot désignant le persan de la cour, c’est-à-dire sa forme littéraire et traditionnelle.
Le persan en Afghanistan n’est pas uniforme. On ne s’exprime pas de la même façon à Herât, à Mazâr-e Charif ou à Kunduz. Quant à Kaboul, centre politique et administratif, où les populations sont mêlées, on y parle aussi une forme particulière de persan, désigné sous le nom de kabôli.
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